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Médiathèque Julien Gracq

Médiathèque Julien Gracq

Toute l'actualité de la médiathèque de Plélan-le-Grand en Ille-et-Vilaine

La Jungle de Upton Sinclair

"On utilise tout dans le cochon, sauf son cri". Voici la devise de Brown  And Company. Ce roman dont le récit est quasi journalistique chercha au début du XXeme à dénoncer le fléau du nouveau modèle économique symbolisé par les trusts  américains avec pour exemple les abattoirs de Chicago.

Upton Sinclair utilise la vie d'une famille d'immigrés lituaniens, attirés par les mirages de l'Amérique, afin de dévoiler la condition ouvrière des abattoirs. Suie à la parution et au scandale qui s'ensuivit, il fut reçu par le Président Roosevelt qui diligenta une enquête dont émanera une vague de réformes sur l'organisation du travail et le contrôle sanitaire de la fabrication des denrées alimentaires.

Mais pour quels résultats ? car ce qui est effrayant, c'est la modernité de ce qui est décrit, que ce soit sur le sort des animaux, les excès du capitalisme ou la nourriture industrielle. Lorsque Upton Sinclair nous décrit l'usine, on croirait lire ce qui se déroule de nos jours dans les élevages industriels et les battages à la chaîne : "En Lituanie, ils mangeaient souvent des saucisses fumées. Comment auraient-ils pu savoir que celles qu'on vendait en Amérique n'étient pas les m^mes que chez eux ? Que leur couleur et lur goût s'obtenaient par l'addition de produits chimiques ? Qu'on y incorporait une grosse proportion de "farine de pomme de terre", autrement dit ce qui reste de ce  tubercule une fois qu'on en a extrait la fécule et l'alcool ? ; les conditions d'abattage des animaux, tout comme celui des vaches portant des veaux et, malgré l'interdiction, la viande avariée camouflée, les animaux malades...; les conditions de travail des ouvriers, épuisés par les cadences infernales, puis mis au rebut comme des articles usagés qui n'intéressent plus personne.

Après la description d'une suite interrompue de malheurs et de cruelles déceptions (La jungle peut être comparée sans crainte au Germinal de Zola) l'auteur prend la défense du socialisme et critique le gâchis provoqué par le capitalisme : coût médical de soigner les gens malades à cause des aliments frelatés (question actuelle des pesticides), gâchis provoqué par la production aveugle et non planifiée (fermeture d'usines, marchandise pourrissant dans les entrepôts, ... comme H&M accusé récemment de détruire 12 tonnes de vêtements par an ), jeu giratoire des embauches, croissance des cadences, mise en concurrence de la main d'oeuvre, institutionnalisation du crédit, etc.

"Si nous sommes la plus grande nation qui ait jamais existé sous le soleil, c'est avant tout parce que nous avons réussi à susciter cette frénésie de travail chez nos salariés! Nous possédons bien sûr d'autres raisons de nous glorifier, comme par exemple notre consommation d'alcool qui atteint une valeur annuelle d'un milliard deux cent cinquante millions de dollars et qui double tus les dix ans".

Un livre fascinant, malgré sa noirceur, et dont les échos contemporains poussent à la réflexion. Le titre est disponible à la bibliothèque de Paimpont.

 

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